Positionnement au fauteuil roulant en ergothérapie : définition, évaluation et formations

Une ergothérapeute ajuste le dossier d'un fauteuil roulant pour un patient dans un cabinet lumineux.

Une personne en fauteuil roulant passe souvent de longues heures assise. Si son installation ne lui convient pas, elle peut avoir mal ou se blesser.

Qui règle cette installation, et comment ? Cet article explique ce qu’est le positionnement, comment il se déroule et quelles formations permettent de le faire.

Positionnement au fauteuil roulant en ergothérapie : un réglage sur mesure

Positionner une personne en fauteuil roulant, c’est régler l’installation assise pour elle, en partant de ses activités et de son environnement.

Le but n’est pas seulement de la tenir assise. C’est de lui permettre de faire ce qu’elle fait au quotidien : cuisiner, se laver, sortir. Le réglage doit la garder stable et à l’aise, en s’appuyant sur ses capacités.

L’ergothérapeute observe la personne assise et analyse ses besoins. Il aide à choisir les aides à la posture et travaille avec les autres professionnels.

Une installation de référence garde le bassin horizontal, le dos soutenu et les pieds en appui. Mais elle doit être ajustée aux capacités et aux besoins de la personne.

Stabilité, confort et prévention des escarres : les enjeux du réglage

Stabilité et posture

Pour garder la personne stable, on règle surtout ces quatre points :

  • Largeur de l’assise : trop large, le bassin peut glisser de côté ; trop étroite, elle frotte contre les cuisses et les hanches.
  • Profondeur de l’assise : trop profonde, elle appuie derrière les genoux ; trop courte, elle soutient mal les cuisses.
  • Pieds : ils doivent reposer sur les repose-pieds, réglés selon la longueur des jambes, sinon l’installation perd en stabilité.
  • Fauteuil et coussin : ils se choisissent ensemble, avec le dossier et les appuis, pour soutenir le bassin et le tronc sans gêner les mouvements utiles.
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Prévention des escarres et des douleurs

Pour prévenir les escarres, deux moyens se complètent. Un coussin adapté réduit les fortes pressions sous le bassin. L’inclinaison de l’assise ou du dossier change aussi la répartition des pressions, à évaluer pour chaque personne.

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Une largeur d’assise mal réglée peut faire glisser le bassin ou le faire frotter contre les hanches.

Des pieds qui ne touchent pas l’appui font perdre de la stabilité à toute l’installation.

Une gêne qui apparaît avec le temps doit conduire à un nouveau réglage.

Les changements réguliers limitent les pressions prolongées et la formation d’escarres.

Un coussin ne remplace pas les changements de position, il réduit seulement les fortes pressions.

Le but du réglage est de vous permettre d’agir, pas seulement de vous tenir assis.

Un essai dans les trois lieux précède la validation de l’installation.

Mais aucun coussin ne remplace les changements de position. Ils se planifient toutes les 2 à 3 heures, ou plus souvent si la situation le demande, et il faut éviter frottements et cisaillements.

Mobilité et autonomie dans les déplacements

Le réglage change aussi les déplacements. Un coussin plus haut relève l’assise, ce qui modifie les transferts (le passage du fauteuil au lit ou à la chaise) et oblige parfois à régler à nouveau le dossier.

Une frise d’une journée en fauteuil indique des changements de position toutes les 2 à 3 heures, avec des variations d’inclinaison du tronc ou d’appui du bassin.
Planifier des changements réguliers aide à varier les appuis et à limiter les pressions prolongées.

Une installation stable aide à propulser le fauteuil sans effort inutile. Le choix entre manuel et électrique dépend donc de la propulsion possible et des trajets. Les transferts comptent aussi dans la décision.

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Le bilan initial réunit le médecin MPR, l’ergothérapeute et la personne

Le bilan initial peut réunir un médecin de médecine physique et de réadaptation (MPR) et un ergothérapeute, avec la personne. Il couvre la posture, les transferts, la propulsion et le repositionnement.

Le bilan regarde aussi les amplitudes articulaires. Ses résultats se lisent avec ses habitudes de vie, puis servent à régler les dimensions du fauteuil sur sa morphologie.

Un coussin quadrillé aux zones colorées est posé sur le siège d’un fauteuil roulant et relié à un petit boîtier par un câble.
La mesure des pressions peut aider à comparer l’effet d’un coussin ou d’un réglage.

La MCPAA 2.0 mesure le contrôle postural assis chez l’adulte, dans les trois plans. Elle ne remplace pas le bilan clinique, elle le complète.

La nappe de pression montre comment le poids se répartit entre le corps et l’assise, et permet de voir si un coussin ou un réglage aide. Le choix reste guidé par la personne et ses habitudes.

Comment se déroulent les essais en intérieur, en extérieur et au domicile

Les essais, qui suivent l’évaluation et précèdent la validation, se font à trois endroits :

  • En intérieur, on vérifie que le fauteuil et les aides répondent aux besoins de la personne.
  • En extérieur, on le vérifie lors des déplacements hors de chez soi.
  • Au domicile, on teste le fauteuil dans les activités et les espaces habituels.

Pendant l’essai, qui dure en général quelques jours, signalez toute gêne. Si elle apparaît après plusieurs heures ou jours, elle impose un nouveau réglage.

Une personne en fauteuil roulant avance sur une rampe extérieure bordée d’une rambarde.
Les essais en extérieur vérifient la propulsion et l’adaptation du fauteuil aux déplacements habituels.

Un essai est validé quand l’installation répond à vos besoins et permet l’usage prévu. Un bilan annuel vérifie qu’elle reste adaptée. Pour choisir le matériel, lisez Comment choisir un fauteuil roulant adapté à vos besoins.

Qui intervient autour de la personne, et quel rôle pour l’ergothérapeute

Le positionnement se fait à plusieurs, et la personne en est la première concernée : elle participe aux choix du fauteuil et des aides à la posture.

Le médecin MPR et l’ergothérapeute peuvent faire l’évaluation ensemble. Le kinésithérapeute apporte son regard sur la posture et le mouvement.

C’est souvent l’ergothérapeute qui fait le lien. Il observe la personne, analyse ses besoins et aide à choisir les solutions techniques.

Il peut aussi contribuer au cahier des charges, qui fixe ce que l’installation doit permettre. La formation de cinq jours de l’ANFE travaille cette démarche à plusieurs. Elle s’adresse aux ergothérapeutes, kinésithérapeutes, médecins et orthoprothésistes.

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Qui prescrit le fauteuil, et selon quelles règles d’équipe

Le fauteuil manuel

Un médecin ou un ergothérapeute peut prescrire un fauteuil manuel courant en suivant quatre étapes :

  • L’évaluation des besoins : le professionnel regarde ce que la personne peut faire seule et ce dont elle a besoin au quotidien.
  • Le choix du fauteuil : il préconise la catégorie de fauteuil qui correspond à ces besoins.
  • La validation : la personne essaie le fauteuil et on vérifie qu’il lui convient.
  • La prescription définitive : elle précise le modèle, les réglages et les options. Depuis le 1er décembre 2025, c’est elle qui permet la prise en charge par l’Assurance maladie.

Le fauteuil électrique

Pour un fauteuil électrique, ou pour un matériel qui répond à des besoins complexes, le choix ne repose pas sur un seul professionnel. L’évaluation fait intervenir une équipe pluridisciplinaire, c’est-à-dire plusieurs métiers qui regardent la situation chacun sous son angle.

La prescription définitive vient après. Une fois le fauteuil choisi et validé, le professionnel la rédige avec le modèle, les réglages et les options. Les exigences varient selon la catégorie : demandez à votre équipe ce qui vous concerne.

Deux formations de l’ANFE, de trois à cinq jours

Formation de trois jours sur l’enfant et l’adulte

La formation dure trois jours, soit 21 heures. Elle apprend à évaluer les troubles posturaux, à les interpréter, puis à choisir les aides techniques qui soutiennent la posture. Vous y travaillez sur l’enfant comme sur l’adulte.

La session prévue à Lattes a lieu du 16 au 18 novembre 2026. Le tarif affiché est de 870 € par participant. Si vous hésitez, comparez ces dates et ce prix à votre budget.

Formation de cinq jours sur l’évaluation et les solutions techniques

La formation de cinq jours ne demande aucun prérequis. Voici ses points clés face à celle de trois jours.

Critère Formation de 5 jours Formation de 3 jours
Durée 5 jours, soit 35 heures 3 jours, soit 21 heures
Contenu Enjeux du positionnement, mécanismes de la position assise, construction de l’assise à partir des bilans, analyse du matériel, adaptation des solutions techniques aux problèmes cliniques Évaluation des troubles posturaux, interprétation de ces troubles, choix des aides techniques qui soutiennent la posture
Tarif affiché 1 222 € 870 € par participant

Le positionnement consiste à régler l’installation assise pour que la personne puisse faire ses activités avec stabilité et sans gêne. Il se fait à plusieurs, et la personne en est la première concernée.

Votre prochain pas : parlez de votre situation à un médecin MPR ou à un ergothérapeute, et demandez-leur quelles étapes de l’évaluation vous concernent.

Dr Stephane Duplot

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